| Ikat |
guitare |
5' |
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mp3 |
détails
Pour Geoffrey Morris.
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| Ama |
flûte |
8' |
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mp3 |
détails
Pour Joanna Demers. Création 12.2.2002 à San Diego. Titre japonais: 'pêcheuse de perles'.
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note
Au Japon, les pêcheuses de perles s’appellent Ama, bien qu’elles portent plusieurs différents noms dans l’hémisphère est. On confie cette tâche le plus souvent aux femmes, auxquelles on attribue, paraît-il, une capacité pulmonaire supérieure. Souvent, cette tâche leur est imposée car leur village n’a d’autre moyen de s’attirer du revenu. Malgré les dangers que présente la mer, la pêcheuse de perles doit donc apprendre comment vivre, de manière aussi précaire soit-elle, dans ses eaux profondes. Malgré le danger de la mer, la pêcheuse de perles peut, ne serait-ce que pendant quelques minutes, échapper à la tyrannie du capitaine du bateau. Malgré le danger de la mer, la pêcheuse de perles goûtera-t-elle peut-être dans les bas-fonds à cette liberté qui est dans la nature de l’eau-même.
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| Désastre |
multipercussion |
10' |
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mp3 |
détails
Pour Aiyun Huang. Subvention du Conseil des Arts du Canada. Création 12.2002 à San Diego.
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note
Bien souvent, les oeuvres pour percussion solo passent impulsivement d’un groupe d’instruments à l’autre. Cela tient au fait que les instruments de percussion n’ont que rarement la versatilité d’un instrument à cordes ou à vent – d’où un sentiment d’inertie qui s’installe rapidement lors d’une œuvre pour percussion, à moins de changer d’instrumentation en cours de route.
Ma réponse à ce problème fut d’écrire une œuvre dont le timbre composé des instruments était anonyme. Tout se déroule de manière plus ou moins homogène entre toutes les familles d’instruments. Ces instruments sont tous en métal, avec cependant de subtiles gradations de timbre. Un tel arrangement favorisa l’écriture de lignes qui ramenaient sans cesse au tout, alors même qu’elles formaient une réseau d’affinités au sein de ce tout.
L’étymologie du titre nous rappelle que celui-ci signifie en quelque sorte « tombé des étoiles ».
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| Toucher/Surprendre |
violon |
10' |
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mp3 |
détails
Pour Mark Menzies. Création 24.4.2002 à Valencia. Subvention du Conseil des Arts du Canada. Source: 1er livre pour clavecin de Couperin.
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note
À propos de François Couperin (1668-1733), Harry Halbreich écrit : “L’homme était effacé et, sinon modeste, du moins discret. Quand à son art, il répugne à toute grandiloquence extérieure, à tout clinquant factice, et met sa fierté et sa dignité à ne vouloir atteindre à la grandeur qu’à force de sobriété et de retenue, à la profondeur que sous les dehors de la simplicité et de l’engouement. Peu doué pour l’abstraction, cet homme est essentiellement un sensible, en n’oubliant pas que ce terme contient le mot sens.” A propos de lui-même, François Couperin dit : « J’avoue de bonne foy préférer ce qui me touche à ce qui me surprend. »
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| Lexique |
violon |
10' |
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mp3 |
détails
Pour Mark Menzies. Création: 1997 à Auckland (Nouvelle-Zélande), San Diego.
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note
Lexique fait partie d’une suite inachevée d’oeuvres pour violon seul. Cette suite devait à l’origine s’inspirer des divers codes (rétorique, affectif, linguistique, ou autre) qui font partie intégrante de tous les domaines de la communication.
Dans Lexique, j’ai conçu un ensemble d’objets sonores dont l’émergence et la cohérence se feraient selon une sorte d’apprentissage des sons—une grammaire en évolution, si l’on veut. Entre temps, d’autres ‘voix’ viennent s’insérer dans le discours : elles jouent le rôle ici de commentateurs, là d’intuitions, là encore de Doppelgänger, vis-à-vis le matériel principal, encore chétif. Bien que ces deux types de voix répondent à des lois bien différentes, elles ne vont pas cependant sans s’influencer en cours de route. Toutefois, ces différentes ‘lois’ (lexus en Latin) ne peuvent que créer une espèce de fracas ironique, dont le concours hasardeux, la crystallisation momentanée ne créent que l’illusion d’un sens concret—propos sitôt chanbranlé, puis réduit de nouveau à ses composantes les plus primaires, des objets irréductibles et sans contenu, une série de fragments lexicaux dont le sens n’est plus dans l’agencement des fragments, mais dans le fragment lui-même.
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| Légende |
piano |
8' |
pdf |
mp3 |
détails
Pour Marc Couroux. Création 15.11.1997 Chapelle du Bon Pasteur, Montréal (Canada); Gand (Belgique)
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| Dernier adieu |
piano |
7' |
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mp3 |
retiré |
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| Serpent de fer |
multipercussion |
8' |
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mp3 |
détails
Pour Mark Altman. Création 1.11.1992 Montréal (Canada).
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| Contemporary Canadian Art |
voix, piano |
12' |
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mp3 |
détails
Pour Toca Loca. Subvention de la Fondation Laidlaw. Création Toronto (Canada)
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note
Mon travail récent concerne le « toucher » : non pas comme effet musical agissant en surface, mais comme sensation qui se dégage subtilement des éléments de cette surface. Pour en favoriser une meilleure réception, je cherche également à obtenir une certaine anonymité du timbre instrumental.
Ces thèmes ont été repris ici, cette fois avec la voix et le langage. J’étais d’abord intéressé par la manière dont certains mots, d’emblée assez généraux dans leur signification, peuvent servir à décrire des choses assez différentes. En retirant le contexte plus spécifique auquel ces mots étaient destinés, j’en vins à établir un parallèle avec le toucher : les mots demeurent anonymes, sans référence directe, et pourtant ils continuent d’exercer sur nous un certain pouvoir suggestif.
Pour ce projet, mon choix s’est posé sur un volume sur l’art contemporain Canadien. La description d’une panoplie d’oeuvres d’art devient chose ambigue si nous constatons à quel point les mêmes termes sont appliqués sur l’ensemble de ces descriptions. La spécificité de l’oeuvre est bientôt dissoute par la généralité des termes. Cela reflète peut-être la manière dont nous nous rappelons notre expérience des choses, l’inéluctable distillation de notre mémoire en un plus petit réseau de pensées ; en l’agitant, on se souvient non pas de la chose, mais de la description de la chose...
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| Mica |
flûte, guitare |
2' |
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mp3 |
détails
Pour le Duo Gaspé. Création 12.2.2002 San Diego (USA)
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note
Deux colons récemment arrivés au Nouveau-Monde confèrent entre eux à huis clos. Ils croient avoir trouvé de l’or, et désirent à tout prix en garder le secret. Mais, plus ils en parlent, plus leur imagination s’empare d’eux, à tel point que leur conversation chuchotée laisse bientôt échapper plusieurs petits cris d’excitation. Leurs rêves prennent bientôt la forme d’une réalité inéluctable, et ils sont au paroxysme devant la certitude de baigner désormais dans la lumière brûlante d’une montagne d’or. Jusqu’à ce que…
A l’époque des premières colonies européennes au Nouveau-Monde, le mica se fit souvent prendre pour de l’or.
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| Ell |
saxophone (sop ou alto), piano |
2' |
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mp3 |
détails
Pour Oliver Schneller et Heather O'Donnell.
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| Lunatique |
violon, piano |
10' |
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mp3 |
détails
Pour le Princeton Composers' Ensemble. Création 1994 Princeton (USA)
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| Eva |
flûte, guitare |
3' |
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mp3 |
détails
Pour le Duo Gaspé. Création 8.3.2000 San Diego (USA)
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| Plans/Vol plané |
piano, percussion |
26' |
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mp3 |
détails
Pour Aiyun Huang et Gregory Oh. Création 12.5.1998 Princeton (USA)
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note
Lors d’un voyage dans l’immense désert d’Anza Borrego en Californie, je fus frappé par un étrange détail dans le panorama. Les ombres des nuages étaient projetées, en une lente trajectoire, sur une chaîne de montagnes venant vers nous, de l’arrière à l’avant-plan. De ce fait, certaines montagnes, bien que complètement illuminées et à l’avant-plan, semblaient prendre du recul par rapport à d’autres, celles-ci plus éloignées et tout à fait recouvertes d’ombre. Il suffisait ensuite d’une seule éclaircie, d’un seul assombrissement quelque part dans le paysage, pour que cet équilibre change à nouveau. Ce jeu de clair-obscur, de révélation et de dissimulation fut l’inspiration pour cette œuvre. On y retrouve, de manière semblable, la traversée de diverses régions harmoniques et texturales, troublées par des changements qui tour à tour transforment la «géographie» de l’oeuvre.
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| Djenoun |
hautbois, 2 guitares |
13' |
pdf |
mp3 |
détails
Pour Jacqueline Leclair et l'Ensemble Cygnus. Subvention du Conseil des Arts du Canada. Création 29.4.2002 Society for Ethical Culture, New York (USA)
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note
J’écoutais un jour un enregistrement de jajouka, musique folklorique du Maroc, lorsque je fus frappé par la similarité de ce que j’entendais avec les débuts de l’œuvre que je composais à l’époque. Les trompettes marocaines, surnommées raita, avaient même la sonorité nasillarde du hautbois. Impressions superficielles, certes. Pourtant, elles vinrent se rattacher à une idée plus fondamentale, celle du drame inhérent de l’instrument – sa manière de ‘parler’, s’inscrivant entre certaines limites : la respiration pour une note tenue, la résonance vite estompée d’une corde pincée. L’impact de ces phénomènes sur la musique que j’écrivais me rendit incapable de dissocier les uns de l’autre. Au Maroc, les esprits du djenoun régissent les collines, les troupeaux… et la musique. Analogue intéressant avec les éléments musicaux que je viens de décrire : ceux-ci font partie intégrante du ‘paysage musical’ d’une manière à la fois si subtile et si évidente qu’on oublie parfois leur présence.
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| Plans/Vol plané |
piano, 2 percussions |
26' |
pdf |
mp3 |
détails
Version trio pour le Princeton Composers' Ensemble. Création 11.5.1999 Princeton (USA)
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note
Lors d’un voyage dans l’immense désert d’Anza Borrego en Californie, je fus frappé par un étrange détail dans le panorama. Les ombres des nuages étaient projetées, en une lente trajectoire, sur une chaîne de montagnes venant vers nous, de l’arrière à l’avant-plan. De ce fait, certaines montagnes, bien que complètement illuminées et à l’avant-plan, semblaient prendre du recul par rapport à d’autres, celles-ci plus éloignées et tout à fait recouvertes d’ombre. Il suffisait ensuite d’une seule éclaircie, d’un seul assombrissement quelque part dans le paysage, pour que cet équilibre change à nouveau. Ce jeu de clair-obscur, de révélation et de dissimulation fut l’inspiration pour cette œuvre. On y retrouve, de manière semblable, la traversée de diverses régions harmoniques et texturales, troublées par des changements qui tour à tour transforment la «géographie» de l’oeuvre.
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| Luxe, calme et volupté |
fl,cl,pno,perc,vln,vc |
15' |
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mp3 |
détails
Pour l'Ensemble Continuum. Subvention du Conseil des Arts du Canada. Création 14.11.2002 Toronto (Canada)
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note
Depuis quelque temps déjà, la musique de Ravel me fascinait. Ses plages de son, ses harmonies diaprées, ses petites articulations transmuées subitement en idées complètes, son éloquence du geste, ses mécanismes, ses ambiguités rythmiques, son sens de la tendresse, de la paresse, de la retenue, du geste ‘naturel’… tous ces éléments parlaient à mon imagination. Mais je leur découvrais également une importance supplémentaire, celle d’avoir posé quelques jalons pour la musique d’aujourd’hui. Celle-ci ne s’en est d’ailleurs jamais démentie, malgré le talent ‘visionnaire’ de Debussy qu’on lui a maintes fois opposé. C’est donc suite à une analyse qualitative des oeuvres de Ravel que je fus à même de composer une oeuvre prenant comme points d’appui les traces que j’avais relevées. Toutefois, cela ne se fait pas sans quelques extrapolations de ma part…
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| Lo que vendrá |
fl,cl,pno,perc,2 vln,alto,vc |
15' |
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mp3 |
détails
Pour le Nouvel Ensemble Moderne et l'Instant Donné. Résidence et commande du Domaine Forget, Fondation Royaumont, Gouvernement du Québec, Maisons de la Culture. Création 23.9.2000 Royaumont (France). Source: éléments du tango argentin. Titre emprunté à Astor Piazzolla. Enregistrement: Atma Classique ACD 22242
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note
Trois ans passés à fréquenter de manière obsessive les milongas, salles de danse du tango argentin, à New York, San Diego, Montréal, Paris; un entraînement pour une compétition internationale—annulée—de tango; deux ans d’enseignement du tango, sans rémunération; un partenariat amèrement rompu avec une future co-enseignante de tango—voilà ce qui me fit constater un jour qu’il me fallait, d’une manière que j’appellerais thérapeutique, témoigner en musique de ce monde du tango qui, dans ma vie autant que—semblait-il—par sa propre nature, semblait répéter à jamais un geste inachevé vers une chose inatteignable.
Cette oeuvre n’est pas un tango, bien que le matériel brut et parfois improvisé d’une cinquantaine de tangos enregistrés fût emprunté pendant sa genèse. Ces bribes de musique ont été démantibulées et remaniées en tenant compte de certaines caractéristiques qui semblaient réapparaître d’un tango à l’autre—qualités qui furent par la suite transposées dans des contextes bien différents. Si, a posteriori, l’oeuvre semble exprimer quelque chagrin, je préfère renoncer aux associations personelles, en me rappelant cette déclaration célèbre: “le tango est une pensée triste que l’on danse”.
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| Bad Bad Thing |
fl,cl,htbs,2 vln,alto,vc |
15' |
pdf |
mp3 |
détails
Pour l'Ensemble Contemporain de Montréal. Subvention du Conseil des Arts et des Lettres du Québec. Pour John Rea. Création 16.2.2001 Eglise St-Joachim, Montréal (Canada). Source: bande sonore du film Eyes Wide Shut de Kubrick.
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note
Eyes Wide Shut, le dernier film de Stanley Kubrick, nous dévoile deux mondes : un monde extérieur d’apparences et de distractions, et un monde intérieur de vérités souvent refoulées. Les personnages du film baignent dans un monde de lumières et de couleurs intenses, en tentant de noyer leurs pensées les plus sombres. Mais lorsque celles-ci surgissent enfin, l’illusion d’une réalité stable devient impossible à soutenir. Les personnages ne peuvent regagner le monde et ceux qu'ils aiment sans d’abord laisser tomber leur masque.
Dans la trame sonore du film, deux oeuvres, une valse tirée de la Suite de Jazz de Shostakovich, et Baby Did a Bad Bad Thing de Chris Isaak, semblent se placer aux antipodes de ce monde clair-obscur. J’en retiens quelques éléments dans Bad Bad Thing, bien qu’ils n’aient été qu’un très mince fil conducteur me reliant à l’histoire du film. Il s’agit plutôt d’une « trame sonore sur une trame sonore ». C’est pour moi un analogue aux associations sous-conscientes, floues et divergentes que nous créons en réécoutant la musique d’un film, même s’il y a longtemps que nous ne l’avons vu et que nous avons oublié la majeure partie de son histoire.
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| Une pensée de Joseph Knecht au réveil |
1(pic)1(ca)11(clb)1.1110 pno perc 2111 |
16' |
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mp3 |
détails Pour le Nouvel Ensemble Moderne et Lorraine Vaillancourt. Commande et Premier Prix dans le cadre de Forum 1996. Création 26.11.96 Salle Claude-Champage, Montréal (Canada). Titre: Joseph Knecht, personnage principal dans Le jeu des perles de verre de Hermann Hesse. Enregistrement: Amberola AMBC CD 7100
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note Cette œuvre explore la possibilité de transformer des caractéristiques musicales non-systématiques ou plus intuitives en paramètres structurels pleinement intégrés – égaux et en rapport direct avec ceux, entres autres, de la hauteur et de la durée.
Le roman de Herman Hesse, Magister Ludi (dont le personnage principal Joseph Knecht est maître du jeu de perles de verre), fut une inspiration supplémentaire : il proposait un contexte similaire dans lequel les éléments les plus divers pouvaient être liés par un seul réseau de rapports – bien que celui-ci soit dans ce cas hautement sophistiqué et ésotérique.
En même temps, l’idée d’écrire une œuvre aux niveaux référentiels changeants m’était attrayante. Le résultat des transformations que les matériaux de base subissent est un genre de synthèse : la structure formelle chevauche en fait cette « couche » supplémentaire de recontextualisation perpétuelle.
Pour moi, l’impression d’une sorte d’auto-commentaire musical qui se dégageait de cette approche semblait à mi-chemin entre le rêve et la révélation, d’où le titre.
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| Poema per Giacinto |
15 musiciens |
8' |
pdf |
mp3 |
détails
Retiré. Pour l'Atelier de Musique Contemporaine de Montréal Direction Lorraine Vaillancourt. Pour Giacinto Scelsi. Création Salle Claude-Champagne, Montréal (Canada).
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| Visa: Tango |
chanteuse/récitante,vn,band,pno,cb |
8' |
pdf |
mp3 |
détails Retiré. Pour Maria Cangiano, Tito Castro, Mauricio Najt, Jackie Carrasco. Création 12.5.1998 Princeton (USA)
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| La Question |
perc,htbs,tpt,alto,vc |
11' |
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mp3 |
détails Pour le Nouvel Ensemble Moderne. Création 1994 Montréal (Canada). Incipit: 'Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais pas déjà trouvé'.
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| Universal Field |
4030.433.3perc.cordes:14.12.10.0.8 |
12' |
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mp3 |
détails Pour l'Orchestre Symphonique de San Diego. Création 26.2.2005 Copley Hall, San Diego (USA). Subvention du Conseil des Arts du Canada. Titre: emprunté au titre d'une toile de Mark Tobey.
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note Depuis quelques années j’écris une musique qui, sans chercher à réinventer le médium instrumental, s’attarde plutôt aux nuances que renferme déjà le matériel sonore ; souvent il s’agit d’aspects sonores très simples. Ces aspects sont mis en lumière par l’entremise de subtils changements dans l’espace acoustique et d’une notation parfois ambigue. Il en résulte une sorte de déplacement vers un discours intérieur qui repose sur le principe du “toucher”.
Etant un phénomène bien fragile, ce toucher a été mis de l’avant en donnant, d’autre part, un aspect anonyme à l’instrumentation. Les événements apparaissent de manière à peu près homogène parmi tous les instruments, tout en tenant compte de fines gradations de timbre entre eux. Un tel arrangement permet de rappeller le tout alors même qu’un réseau d’affinités se tisse à l’intérieur de ce même tout.
Ces idées furent d’un intérêt particulier dans le contexte d’une oeuvre pour orchestre, où bien souvent le compositeur choisit d’exploiter toutes les couleurs orchestrales à sa disposition. Ici, j’ai favorisé une sorte de grisaille sonore. La réelle orchestration, si c’est le mot juste, se situe aux interstices du mouvement spatial des sonorités de l’orchestre avec le mouvement figural de la musique. En tâchant d’effacer quelque peu la distinction entre figuration et mouvement sonore généralisé, j’ai voulu faire émerger ce toucher don’t j’ai parlé plus haut.
Le titre est emprunté à une toile de Mark Tobey. Tobey appelait “écriture blanche” son habitude de cribler certaines toiles de petits incidents calligraphiques, en blanc ; l’effet général est d’un réseau dense et sans cesse intriqué. Pourtant, l’impression d’un tout harmonieux demeure, aussi ténu soit-il.
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| Chaque Note |
sop,221(ca)22.2221.perc.pno.hre.cordes |
10' |
pdf |
mp3 |
détails Pour l'Orchestre Symphonique de Princeton. Création 6.3.1998 Salle Richardson, Princeton (USA). Texte: Rumi (perse et français, adapté)
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note Chaque Note met en musique un poème de Jalal Al-din Rumi, poète perse du 12e siècle. Ce poème, comme plusieurs chez Rumi, nous fait voir l’impossibilité de comprendre l’amour par nos moyens habituels et rationaux. En dévelopant le potentiel inhérent du texte, je me suis servi d’un nombre très limité d’accords; ces accords sont cependant présentés dans deux ou trois différentes registrations, dont l’effet me semblait tour à tour objectif ou bien plus passioné. Ces accords s’allient donc au texte lorsque celui-ci produit le même genre d’effet. De temps en temps, nous entendons aussi une évocation du ney, flûte perse, dont le timbre triste et chaleureux semble provenir directement de ce monde d’amour sans raison dont parle le poème.
La chanteuse, quant à elle, nous apparaît sous plusieurs voiles. Elle nous parle en français lorsque ses propos sont plus familiers, plus directs; puis en perse lorsqu’un état de prière ou d’ecstase vient s’emparer d’elle. Souvent, en émergeant de ses transports, elle nous traduit ses paroles en français. L’aspect direct du discours du soprano, qui nous parle plus souvent qu’il ne chante, le sépare nettement d’un rôle typique de chanteuse. Celle-ci ne se contente pas simplement de chanter devant un orchestre qui l’accompagne. Elle passe, plutôt, de l’extrême intimité à l’exhortation la plus vive, dépassant son cadre habituel. Ce faisant, elle nous révèle un éventail de sensibilités qui devient non seulement palpable, mais vital à la compréhension du message profond que Rumi nous transmet.
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| Voici l'ombre |
222121.2221.perc.cordes |
8' |
pdf |
mp3 |
détails Retiré. Source: Une femme, d'Anne Delbée, roman sur la vie de Camille Claudel.
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| Les pas perdus |
piano amplifié, vidéo, enregistrements sur le terrain |
16' |
pdf |
mp3 |
détails Pour Heather O'Donnell. Subventionné par Tesla et la Hauptstadtkulturfonds Berlin. Vidéo: Luisa Greenfield. Création: 18.10.2008 Festival Magdeburg (Allemagne)
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note Note de programme à venir.
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| Chambre, vue |
pno amplifié, max/msp, film |
16' |
pdf |
mp3 |
détails Pour Heather O'Donnell. Film: Anna Geyer. Subvention de la Hauptstadtkulturfonds Berlin et Tesla. Création 26.1.2007 Festival Ultraschall, Berlin (Allemagne).
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note Cette oeuvre propose l’enquête, autant détaillée qu’illusoire, d’une chambre. C’est aussi une présentation dont le sujet et l’objet demeurent anonymes. Les sons viennent composer une surface, dont les éléments laissent transiger quelque chose de latent, à peine ressenti. Les images enchevêtrées avec la musique suggèrent la présence fugace, ou peut-être l’absence, du locataire – notre pianiste.
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| Ambos Nogales |
documentaire |
45' |
pdf |
mp3 |
détails Avec l'artiste vidéo Luisa Greenfield. Avec l'appui du Smithsonian Institution et de la Fondation Puffin (USA).
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note Ambos Nogales est un documentaire sur une ville qui chevauche la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Alors que surgissent les polémiques sur la sécurité frontalière et l'immigration clandestine, les politiques gouvernementales déshumanisantes et l'ingérance de milices privées telles que les Minutemen, les habitants de cette communauté unique racontent leurs expériences personnelles sur la frontière ainsi que les liens qu'ils tissent entre eux afin de former une seule communauté.
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| Power Lines / Lignes de courant |
vidéo, enregistrements sur le terrain, traitement |
5' |
pdf |
mp3 |
détails Vidéo: Luisa Greenfield. Création 16.4.2008 à l'exposition Invidnation, BAC, Colorado (USA).
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note Cette oeuvre audiovisuelle présente un no-man's land: un large corridor de lignes électriques dans une banlieue de Los Angeles, un lieu où transitent sans cesse les véhicules et les gens. Dans ce corridor, les sons, isolés d'ordinaire à divers endroits dans le quartier, se rassemblent. Est-ce donc un lieu de rencontre, un dépotoir de sons indésirables, une zone interdite (lignes électriques = clôtures électriques), un poste d'observation?
Avec Luisa Greenfield, j'entame une série de projets qui explorent la manière dont le son est enregistré et manipulé (doublage, bruitage, mixage) afin de créer, de pair avec l'image, une représentation hautement factice de la réalité. C'est souvent le cas au cinéma; nous cherchons à en extraire une sorte de politique de l'écoute.
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| Ville frontalière, 11 août |
enregistrements sur le terrain, max/msp |
10' |
pdf |
mp3 |
info
Enregistrements sur le terrain effectués à Nogales (Arizona, USA/ Sonora, Mexique).
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note
Ville frontalière 11 août (2007) repose entièrement sur des enregistrements sur le terrain que j'ai effectués dans la ville frontalière de Nogales, qui chevauche la frontière du Mexique et des Etats-Unis. À l'époque j'oeuvrais sur un documentaire sur les habitants de cette ville, comment leurs vies personnelles et professionelles étaient affectées par ce mur qui fendait leur ville en deux, et comment, en dépit de cette séparation, ils se sentaient appartenir à une seule communauté.
L'oeuvre présente des espaces sonores pratiquement dépourvus de présence humaine. L'impression d'un lieu est incomplètement définie, comme si nous étions dans un espace transitoire entre deux points (avec un casque d'écoute, nous le sommes litéralement). Parfois l'angle de notre 'caméra' migre vers un autre point d'écoute, pas loin du premier endroit, peut-être au-delà d'un mur. L'oeuvre est l'architecture sonore inachevée d'une région, une structure insaisissable qui précède sa forme habitée, ainsi que la narration de cette forme. Cette approche diffère du documentaire qui tente de créer le portrait idéalisé d'un lieu, un point de vue uni. Ici, les réponses ne sont pas fournies.
L'oeuvre est un miroir qui nous montre à quel point les villes frontalières sont souvent absentes des discours nationaux sur l'immigration et la sécurité nationale. Les habitants des villes frontalières subissent quotidiennement les conséquences de décisions faites bien loin d'où ils se trouvent. On ne les voit pas. Ceux qui habitent ces villes voient à travers, au-delà des murs, reconnaissant à sa juste valeur l'interdépendance des communautés voisines.
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| Parc, 19 juillet |
piano, enregistrements sur le terrain, max/msp |
1' |
pdf |
mp3 |
détails
For Guy Livingston. Création 4.10.2007 Fondation des États-Unis, Paris (France). Enregistrements sur le terrain effectués à Vail Park, Redondo Beach, Californie (USA). DVD à paraître en octobre 2008.
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note
Cette oeuvre a été conçue pour le projet 'One Minute More' du pianiste Guy Livingston, rassemblant 60 nouvelles oeuvres d'une minute chaque en un seul programme.
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| Un miroir brisé |
guitare amplifée, cd |
41' |
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mp3 |
détails Création: 1996, Salle Taplin, Princeton, San Diego (par le compositeur)
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note Dans cette oeuvre, deux mondes sonores coexistent, que l’on pourrait qualifier d’articulatoire et de préarticulatoire. Cela pourrait s’apparenter à la manière dont la parole et l’intuition coexistent lorsqu’un poète rêve à un nouveau poème. Les passages plus informes jouent le rôle d’intuitions profondes ; ils semblent surgir d’ailleurs, ce qu’ils font d’ailleurs sur le plan sonore : la guitare est ‘doublée’ à ces instants par le CD, ce qui résulte en une sorte d’aura. En même temps, les différentes strates de l’œuvre – qui se comportent un peu comme des pensées – se développent indépendamment les unes des autres, à la manière d’un mobile, ce qui provoque des entrechocs et des entrelacs tout au courant de l’œuvre. La ‘voix’ composée de la guitare est donc en remaniement perpétuel, mais pas sans la présence croissante des ‘intuitions’ évoquées plus haut ; celles-ci soutiennent d’abord le contrepoint bouleversé des strates sonores, puis, au fil du temps, finissent par s’immiscer à lui.
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On peut obtenir les partitions par l'entremise du
centre de musique canadienne
Pour tout autre matériel contacter le
compositeur