Fren421
le 9 novembre 1999
Delzell, Charles F et Bradley F Smith. L’aide américaine aux mouvements de résistance en Europe. Guerres Mondiales et Conflits Contemporains 146, Avril 1987.
Résumé
Un article retrace quelques-unes des multiples façons dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne apportèrent de l’aide aux mouvements de résistance en Europe pour “vaincre le fascisme et le nazisme” (p 40) pendant la deuxième guerre mondiale. La logistique militaire anglo-américaine aida ces résistants (français, italiens, yougoslaves, grècques, etc) en parachutant des armes, des munitions, et d’autres fournitures aussi bien que des médicaments, des vêtements et des chaussures (p 28). Ils parachutèrent des containers pendant la nuit, et en plein jour si cela était nécessaire.
Analyse
Les américains et les anglais ont beaucoup aidé les diverses résistants, c’est vrai. Mais ils ne les ont pas aidés avant que les résistants n’aient gagné. Ils ont donné leur assistance à ceux qui “luttaient avec plus d’efficacité” (p 31) que les autres. Alors les américains et les anglais ont préféré de tirer le bon numéro plutôt que d’aider vraiment les résistants.
En novembre 1943, Churchill et Roosevelt décidèrent de “transférer toute leur assistance aux partisans de Tito” (p 31), dont l’état-major yougoslave avait eu plus de succès que l’état-major de Mihajlović, aussi yougoslave. L’état-major de Mihajlović ne reçut plus de matériel des Alliés. Seulement deux missions de renseignements furent envoyées à l’état-major de Mihajlović après 1943, l’une en mai 1944 et l’autre en novembre 1944. Mais les missions ont été retirées à cause des protestations de Tito.
En juillet 1943, le roi Victor-Emmanuel III d’Italie réalisa un coup d’état qui renversa Mussolini et le fascisme, avec l’aide du maréchal Badoglio. En septembre, le nouveau gouvernement italien annonça une armistice avec les Alliés, et un mois plus tard, le roi déclara la guerre à l’Allemagne. Les Allemands vainquirent l’armée italienne au nord, et un mouvement de résistance surgit contre les Allemands. La Résistance italienne apporta “une contribution notable à la lutte en aidant les Alliés à coincer plus de vingt divisions allemandes” (p 32) dans les mois suivants. Le Bureau des Services stratégiques (OSS) des Etats Unis prêta une attention considérable à l’Italie depuis le coup d’état du roi, et en mars 1944, l’OSS et la Special Ops Executive britannique (SOE) installa dans l’Italie du Sud des bases pour “approvisionner la Résistance dans les Balkans aussi bien qu’en Italie” (p 32-33). Auparavant, ni l’OSS ni le SOE n’aidèrent la Résistance italienne.
Les résistants de Yougoslavie, de Grèce, et de Pologne avaient reçu des promesses d’aide des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Ils disaient d’avoir la priorité sur la Résistance italienne (p 35). Mais la Résistance italienne reçut de l’aide avant les autres, parce qu’elle avait plus de succès contre l’Axe.
Cette attitude de la part des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne s’appliqua aussi à la Résistance française. Quand les forces de la Résistance française luttaient contre les invasions allemandes dans les forêts, ni l’OSS ni le SOE ne les aidèrent pas. Mais quand les forces de la Résistance française sont devenues plus nombreuses, et qu’elles avançaient jusqu’à Paris, l’OSS et le SOE décidèrent de leur donner de l’aide (p 27).
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont maintenu cette attitude jusqu’à la fin de la guerre. Dans les premiers mois de 1945, “en tenant compte de la contribution que les partisans (de la Résistance) pouvaient apporter à l’offensive finale des Alliés, l’AFHQ (l’état-major des Forces alliées) décida. . . qu’il ne devrait plus y avoir (de) limite imposée à l’approvisionnement” (p 38) aux forces résistantes. Donc la seule aide qui a été reçue pendant la guerre a été reçue par les forces qui gagnaient.
