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Espace Georges Rouquier
Cinéaste-Poète du monde rural
Le parcours d'un pêchelune . . .
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Des liens étroits mais souvent cachés relient toutes les parties de cet
univers merveilleux mais fragile que nous habitons. Que ce soit au niveau cellulaire ou à celui des galaxies, il est une continuité
dont nous, les hommes--avec nos grandeurs et nos bassesses, nos émotions, notre noblesse, notre sauvagerie, et notre capacité
d'amour et de haine, de création et de destruction--ne sont qu'un élément. Voilà l'idée centrale et organisatrice de cet espace-musée
à Goutrens (Aveyron), qui reflète l'héritage de Georges Rouquier (1909-1989), cinéaste, auteur de films, et « pêchelune »
dont l'influence se fait toujours sentir aujourd'hui à l'échelle internationale tout en s'inscrivant dans une lignée traditionnelle
humaniste française. Dans cet Espace Georges Rouquier, se réunira un fond de gravité et de moralité accompagné d'émotion,
de jovialité, de sensualité et, surtout, d'humanité.
A travers un itinéraire et une exposition sur la vie, l'oeuvre,
et la pensée de l'artiste, le visiteur de l'Espace Georges Rouquier--qu'il arrive de Goutrens, de l'Aveyron, de Paris ou de
bien plus loin--aura l'occasion de réfléchir à ces liens qui le relient à la fois à la cellule individuelle comme à l'univers
entier. Un appel à la curiosité et à la réflexion, c'est le but de l'Espace Georges Rouquier.
A noter que ce musée
est intégré dans la vie du village de Goutrens et dans celui du Rouergue, pays natal de son père où le jeune natif de Lunel
est venu passer du temps après la mort de son père à Verdun. L'Espace Georges Rouquier, situé dans l'ancien Hôtel Fallières--visible
dans le film de « Farrebique »--en face de la Place du Village, est un élément de Goutrens et se servira d'autres éléments
du village de façon à ce que le visiteur sortant du musée puisse voir ses environs avec des yeux frais. En plus, des éléments
visuels vivants de l'actualité du village trouveront leur place dans l'Espace Georges Rouquier grâce à un système
de webcams: le musée se trouve dans le village et le village se trouve dans le musée
On compte également sur une coopération étroite avec d'autres musées du
département et de la région--surtout avec le Musée des Arts et Métiers du Rouergue (Salles-la-Source), Micropolis et le Musée
Jean-Henri Fabre (Saint-Léons), et le Musée de la Mine (Aubin) ainsi que, pour la programmation, avec d'autres centres de
présentation de cinéma, tels les Rencontres à la Campagne (Rieupeyroux), la Salle Georges-Rouquier à Rodez ainsi que la Cinémathèque
de Toulouse.
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L'entrée du musée se trouve sous un porche spécialement créé pour abriter des groupes arrivés par la route
qui passe devant le bâtiment de l'ancien hôtel. Passé la porte, le visiteur se trouve dans une petite salle d'entrée avec
banque d'accueil. Les murs sont décorés avec des affiches des films de Rouquier (disponibles à la vente en reproduction).
Une deuxième série d'images, tirées de « Farrebique »et de « Biquefarre », sont juxtaposées à celle d'une cellule biologique
humaine et d'une grande photo de Rouquier. Sans le remarquer, le visiteur est déjà préparé pour sa visite du musée.
L'attention
du visiteur est attirée par une autre sorte de porte derrière l'accueil: une porte qui prend la forme du devant d'une très
grande caméra « Sept-Debrie », le type de caméra dont Rouquier s'est servi pour « Vendanges », son premier film, muet, tourné
près de Lunel en 1929.
Le visiteur est invité à ouvrir cette porte, passant ainsi dans l'intérieur de l'appareil.
Derrière la « lentille », il entre « dans » le cinéma de Rouquier. Sur les murs de cette « chambre noire » se trouvent des
images lumineuses inattendues ainsi que des sons.
Sorti de la chambre noire, le visiteur se trouve dans une rotonde,
« Souvenir d'un Pescalune », qui l'introduit au monde de Rouquier, « Pêchelune, » poète et cinéaste. Une atmosphère
sonore, créée d'éléments divers (enregistrements de la voix de Rouquier, morceaux de la bande son de ses films), évoque l'univers
du cinéaste tandis que des images et des objets rappellent les stades divers de sa vie--de Lunel à Paris en passant par Montpellier
et l'Aveyron. Ainsi seront évoquées quelques dates et circonstances clés ayant marqué la vie de Rouquier (par exemple, la
mort de son père à Verdun et la misère que lui et sa mère ont connu).
Passé la rotonde, le visiteur suit un itinéraire à l'intérieur de l'Espace. On visite cinq salles
abritant différents objets pertinents et évocateurs ainsi que des images fixes ou vidéos, accessibles en partie grâce à des
ordinateurs spéciaux. Au moyen de ces objets, de ces images, et de ces sons, le spectateur est invité à réfléchir à la vie
et à la pensée du cinéaste et à considérer son actualité. En même temps, le visiteur a l'occasion d'apprendre des aspects
de l'histoire et de l'évolution du cinéma muet et sonore et ses vocations documentariste et éducatives.
De temps en
temps pendant l'itinéraire, le visiteur passe devant de petites fenêtres qui semblent donner sur la place du village--ce sont
des webcams. Dans d'autres murs de l'Espace sont pratiqués des trous qui ressemblent à des fenêtres. . . mais lorsque le visiteur
regarde dans ces trous il voit des images projetées de Goutrens et des environs tirées de « Farrebique » et de « Biquefarre
». Ces images peuvent être remplacées par d'autres de temps en temps pour modifier le bilan ou mettre l'accent sur un thème
choisi par la direction du musée. Dans une sorte de petit cabinet sombre on aura placé une vraie lentille dans le mur du musée
; sur le mur de ce cabinet, ou même sur le plafond, une image de l'extérieur est projetée avec l'aide de cette lentille. De
cette façon, le village de Goutrens est présent dans le musée tout comme le musée est présent dans le village. Le passé et
le présent, le souvenir et l'actuel se mêlent.
Entre les sections du musée consacrées au films de « Farrebique » et
de « Biquefarre » une fenêtre est construite de façon à ce que le visiteur puisse voir (à travers une sorte de grille) une
partie de l'autre section, renforçant ainsi les parallèles entre ces deux films tournés tous deux dans les environs de Goutrens.
Entre les sections du musée se trouveront des hommages à Rouquier de la part de cinéastes français et internationaux
(Robert Flaherty, Chris Marker, Agnès Varda, Robert Altman, Ruy Guerra. . .).
Les thèmes des sections:
1.
Avant « Farrebique » : les premières expériences cinématographiques de Rouquier dans le contexte de l'histoire locale, nationale,
et internationale (du cinéma fréquenté à Montpellier jusqu'au tournage de « Vendanges » et l'invention du cinéma sonore).
Les premiers « grands » documentaires de Rouquier (« Le tonnelier », « Le charron ») servent de trait d'union avec la salle
suivante :
2. Le tournage et la sortie du film de « Farrebique » qvec en plus une exposition sur Goutrens, village
rouergat : histoire du village ; contexte social et économique. . Par le choix des images et des textes (parfois en forme
d'enregistrements de souvenirs de gens locaux), le visiteur sera porté à considérer l'étonnante capacité d'observation de
la part du cinéaste : la vie quotidienne en famille, le travail dans une ferme, le sens de la communauté, la nature...; (à
créer avec l'aide des muséographes de Micropolis à Saint-Léons).
A cause de Georges Rouquier, le village de Goutrens est considéré comme l'archétype du village rouergat,
voire du village français tout court. Dans cette section du musée, on trouve des objets, des images, et des sons ayant trait
à l'histoire de Goutrens organisés de façon à ce que le visiteur puisse apprécier à la fois la spécificité de Goutrens ainsi
que les éléments qui le rendent « typique » du village rouergat. (A créer avec l'aide du Musée des Arts et Métiers du Rouergue
à Salles-la-Source, du Musée de la Mine à Aubin, et des organismes départemental, régional, national, et européen.)
3. Après
« Farrebique », grandeurs et difficultés d'un cinéaste « indépendant » dans le contexte de l'industrie cinématographique commerciale.
Exemples de films connus et méconnus--surtout des documentaires mais aussi fictions--de la carrière de Rouquier. Car s'il
est vrai que Rouquier est connu surtout pour « Farrebique » et « Biquefarre », il a fait une longue carrière dans le cinéma
et la télévision. Avec Rouquier, nous avons la possibilité d'examiner la vie et l'oeuvre d'un des grands documentaristes français.
Nous comptons mettre en évidence le tournage de grands films comme « Lourdes et ses miracles ».
4. « Biquefarre » :
du débarquement à Goutrens avec les Américains au triomphe du Festival de Venise. Le retour remarquable de Rouquier cinéaste
dans l'Aveyron et un cri d'alarme pour l'environnement. Mais aussi une extraordinare aventure humaine.
5. Après ces
étapes, on visitera une dernière salle, « Au-delà du témoignage : Aujourd'hui et demain? », où sera exposé l'héritage
cinématographique et philosophique de Rouquier--ainsi que les questions que Rouquier continue de poser au monde actuel et
auxquelles il n'y a pas de réponse définitive. Parmi ces questions--l'avenir du paysan, l'avenir du village, l'avenir du ciné-documentaire
et de la « réalité » à l'époque des OGM où les spectateurs ne peuvent plus croire instinctivement à l' « objectivité » de
l'image cinématographique. Physiquement, la salle rappelera par des éléments graphiques les magasins de pellicule
pour la « Sept Debrie ». On se retrouve donc « dans » le cinéma. Sur le plancher, on voit au centre des mots en spirale
: « Le cinéma au service de l'homme ». Sur les murs : « Le Cinéma et les Arts », « Le Cinéma et les Sciences, » « Le Cinéma
et l'Environnement », « Le Cinéma et la Ruralité », « Le Cinéma et le Divertissement », « Le Cinéma et l'Education ». Ceci
permet d'organiser les objets selon des thèmes importants dans l'oeuvre de Rouquier.
Au milieu du parcours, le visiteur
a la possibilité de passer dans une petite salle de projection (40 places/banquettes) où il pourra voir des extraits de films
de Georges Rouquier. La salle de projection est munie d'un ordinateur avec accès à l'internet de façon à ce que l'on puisse
projeter des images du site « www.georgesrouquier.org » ou d'autres informations audiovisuelles appropriées : sites CNC, Cinémanet
Europe, etc.
Avant de sortir tout à fait, le visiteur est invité à regarder une exposition temporaire
et se retrouve à la fin devant la banque d'accueil qui offre aux intéressés la possibilité d'achat de vidéos, livres, affiches,
etc.. L'accès aux collections spéciales, vidéothèque et archives de l'Espace Georges Rouquier se trouve également à proximité.
En sortant du musée le visiteur sera encouragé à traverser la rue et à voir sur la Place de l'Eglise les emplacements
de la caméra et des reproductions de scènes tournées en 1944-45 et 1982-83. Au même endroit se trouvera une série de grands
panneaux illuminés avec des photos géantes: la terre vue de l'espace, la place du village en 1945, la cour de la ferme de
Farrebique, une cellule biologique. De temps en temps, la nuit tombée, l'Espace Georges Rouquier organisera des projections
de films en plein air devant ou à côté de l'église.
Sur le sentier qui ramène le visiteur au parking du village, on
affichera des informations sur des randonnées possibles dans les alentours et sur les plantes, animaux, musées, et cinéastes
de l'Aveyron.
Fonctionnement de l'Espace Georges Rouquier
L'Association reconnaît que la pérennité de l'Espace
Georges Rouquier dépend d'un plan d'activités approprié vu le contexte social et financier modeste de la commune de Goutrens
et de l'Association. Le chiffre de 5.000 visiteurs par an, eu égard à une comparaison avec les autres strucures muséographiques
de l'Aveyron, peut contstituter une hypothèse de départ. Pendant la haute saison (été, vacances scolaires) il est envisagé
de créer un emploi pour un étudiant-stagiaire, une position dont le financement pourra être assuré par une demande de subvention
spéciale.
Hors saison, la visite du musée se fait grâce à un casque sur les oreilles avec commentaire automatique. La vente de billets
et le prêt de casques est assuré par l’épicier qui se trouve à côté de l’Espace Georges Rouquier.
En été, l’Association organisera de temps en temps des séances de cinéma dans le village (soit dans l’Espace
même, soit en plein air). En plus, l’Association a l’intention d’organiser un colloque annuel qui traite
d’un thème important lié à l’œuvre de Rouquier. Ce colloque pourra avoir lieu dans le village de Goutrens
ou dans un autre endroit approprié (par exemple à l’Université de Toulouse).
William Gilcher, avec l'aide de Maria Signorini-Rouquier avril 2005
Copyright © 2005-2006 Association Georges Rouquier, c/o Mairie de Goutrens, 12390 Goutrens (Aveyron)
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